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Lola T292 et T294 à moteur ROC

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Lola T292 et T294 à moteur ROC

Message par enrimores le Dim 8 Mar - 17:21



Texte écrit par Martine Rénier





"Donc une non-qualif. Pas très brillant, n'est-ce pas? Mais nous avons des circonstances atténuantes, Votre Honneur.
Dans cet équipage (sur Lola B ???, Alzheimer quand tu nous tiens...), il y avait pourtant du beau linge : Anna Cambiaghi, Championne d'Europe des protos 2 litres si je me souviens bien, et Pascale Gueurie, Championne de France des circuits. Excusez du peu.
Je les avais recrutées lorsqu'on m'avait demandé de composer un équipage 100% féminin. C'est donc moi qui les ai entraînées dans cette épouvantable galère. Qu'elles veuillent bien, aujourd'hui encore, me pardonner...
Anna, je l'avais choisie parce qu'ayant couru avec elle le Bandama l'année précédente, j'avais pu apprécier, d'une part, son beau coup de volant et, d'autre part, sa gentillesse, son humour et un sourire à l'épreuve du feu (et Dieu sait si des galères, on n'en avait pas manqué en Côte d'Ivoire). Pascale, parce que c'était ma complice en auto, certes, mais aussi à moto. Pour tout vous dire, nous venions tout juste de terminer la première édition de la Croisière Verte, un périple de 1000 km à travers les chemins de France, du Touquet à Nice, et nous étions -ce que les photos ne montrent pas, heureusement- couvertes de bleus des pieds à la tête! A l'époque, nous avions un principe assez simple: si tu ne connais pas une discipline, tu t'engages dans une compet' et, à l'arrivée, c'est bien le diable si tu n'as pas fait de progrès! Nous avons donc beaucoup, beaucoup progressé. Parce que nous sommes beaucoup, beaucoup, beaucoup tombées. Dans des océans de boue parfois, dans de la caillasse souvent. On se relevait, on se massait un peu, on redressait la bécane et c'était reparti. Méthode radicale, mais efficace il faut le reconnaître.
Revenons au Mans. Le groupe Bravo/Timy/Cali avait engagé deux Porsche aux couleurs de Timy & Bravo. Ce groupe possédait des supermarchés de taille variable : les gros et moyens pour Timy & Bravo, les supérettes urbaines pour Cali. Or, voilà qu'à un mois à peine du départ, au cours d'une réunion costume-cravate, ces messieurs s'aperçoivent avec horreur qu'il leur faudrait une troisième voiture aux couleurs, cette fois, de Cali. Afin de boucler la boucle: Bravo/Timy/Cali. Et là, un Bobo's avant l'heure trouve l'idée de génie: on va mettre un équipage féminin, y'a pas mieux pour la pub et avoir des photos partout dans la presse! Ben voyons. Sauf que le budget était plus que riquiqui. Pour tout dire, risible : à peine 50 000 Frs pour louer une auto. Et, comble de l'absurde, il fallait, bien entendu, que la voiture en question soit découvrable (sans doute pour qu'on puisse mieux apercevoir les cheveux des pilotes flottant au vent, façon Isadora Duncan? On ne leur a jamais parlé de casque intégral à ces loustics?).
Bref, nous étions -déjà- en plein délire.
C'est ici qu'intervient un certain Jean-Claude Briavoine, pilote normand rendu célèbre par la belle bacchante qu'il trimbalait avantageusement sur tous les circuits... Jean-Claude était engagé sur l'une des deux Porsche et voilà qu'il me recommande aux cravatés de Timy, Bravo et Cie. Une bonne idée au départ (merci JCB), sauf que me voilà mandatée pour dénicher un proto 2 litres, seule voiture envisageable au vu du cahier des charges, pour la somme forfaitaire de... 50 000 balles (pour cause de "budget déjà dépassé, vous comprenez, on ne peut pas faire plus")! Allez trouver l'oiseau rare, la voiture-miracle! On a tout essayé: les loueurs suisses mais c'était 100 000 Frs, tarif couramment pratiqué en 78, les Français, idem et, en prime, à l'heure qu'il était, toutes les voitures étaient prises. Il y avait bien la solution de louer une Porsche: c'est fiable une Porsche, aucun risque et c'est pile-poil dans nos prix. Mais non, ces messieurs n'en démordaient pas: il fallait un proto dé-cou-vra-ble, puisqu'on vous le dit. Casse-tête, nuits blanches, etc.
Et voilà que quelqu'un (qui? je cherche encore...) a eu l'idée aussi sotte que grenue de la Lola du club François Migault. Moi, je n'étais pas trop partante, connaissant l'oiseau de réputation opportuniste mais, bon, tout ceci m'a échappé. Et c'est comme ça qu'on s'est retrouvées un beau mardi au pesage des 24 heures avec une Lola magnifiquement peinte, il faut le reconnaître (c'est bien la seule chose qui épatait dans cette auto: sa décoration!) aux couleurs de Cali.
Nous voilà au pesage, vérifications, photos, tralala et tutti quanti. La presse était déchaînée, pensez: Anna Cambiaghi et Pascale Gueurie, elles allaient faire un malheur, pour sûr. Pas question de figuration pour ces deux "pointures" des circuits.
Moi, dans mon coin, je n'en menais pas large. J'avais, comme on dit, un mauvais pressentiment. L'auto était trop belle, trop clean (en apparence), surtout vu le prix de la location. Le premier hic est intervenu avant les essais qualif', avec le problème des pneus. Cette année-là, tout proto 2 litres digne de ce nom se devait d'être chaussé en Goodyear. C'était incontournable, pas moyen d'y couper. Sauf que ces fameux pneus avaient un prix. Migault jurait les grands dieux que celui-ci n'était pas compris dans la location, voir le contrat (sur lequel, bien évidemment, rien n'était clairement précisé, tu parles). Les sponsors rétorquaient que oui, ce qui semblait logique. Et que je te menace de tout arrêter, oui mais vous allez perdre ce que vous avez déjà versé, soit 50 000 balles, et que jhe fais mine de partir. Bref l'orage était dans l'air. Ça commençait bien.
En un mot, le groupe Cali devait rajouter quelque 10 000 Frs pour les Goodyear. Coups de fil au siège à Paris, avec demande d'autorisation, le tout dans une ambiance électrique. Nous, au milieu de tout cela, on comptait les points, en se demandant -déjà- ce qu'on était venues faire dans ce sac de nœuds...
Une fois que Cali eut versé les 10 000 balles, le problème des pneus était réglé, ouf.
Vinrent alors les essais qualifs. Et là. Là.... Je dirais que ce qui nous a sauvées, au propre comme au figuré, c'est la présence de Jean-Claude Gueurie dans les stands. Comme quoi, l'amour (fou) que l'on porte à sa petite femme, au point de la suivre aux 24 heures du Mans même si l'on ne les court pas, ça peut servir...
Avant même qu'Anna prenne le volant, Jean-Claude s'est aperçu que les rapports de boîte étaient montés à l'envers. Trop cool! Heureusement le grand JC Gueurie était aussi mécano et c'est lui qui, épaulé (pas trop violemment quand même) par nos propres mécanos du club F. Migault, a effectué les modifications. Sauf que ce genre de truc, cela ne se fait pas en 3 minutes et que, pendant ce temps-là, le chrono tournait. Les autres voitures aussi d'ailleurs. Et la nôtre restait toujours immobilisée dans les stands. Pas de panique se disait-ton pour se rassurer, il y a encore une autre (et dernière) séance d'essais qualif'.Vers 8 heures du soir, Anna peut enfin monter dans la voiture.
Nous la regardons quitter les stands avec émotion: on tient le bon bout, cette fois, ça va marcher. Allez, on y croit! Pas pour longtemps, elle revient au ralenti, un pneu déchiqueté.
- Qu'est-ce qui s'est passé?
- Je ne sais pas, dans les Hunaudières, le pneu a déchappé, j'ai perdu le contrôle et j'ai failli aller au tas (of course: déchapper à fond la caisse, ce n'est pas le Nirvanâ).

Et là, quelqu'un (je ne sais plus qui, mais visiblement un spécialiste des protos) nous dit:
- Normal, vous avez vu? Vous avez d'anciennes jantes. Celles-ci sont absolument incompatibles avec les nouveaux Goodyear: ça déchappe. Partir avec cet ensemble jantes/pneus, c'est du suicide. Migault ne vous l'a pas dit? Pourtant tout le monde sait cela (sic)! En tous cas, il vous faut les nouvelles jantes, c'est clair.
- Ah bon? Première nouvelle, personne ne nous a prévenues (et surtout pas F. Migault, tu penses...).
- Bon, allons à l'essentiel, elles coûtent combien ces jantes?
- Ben... 15 à 20 000 Frs, au bas mot.

Et c'était reparti pour une séance sponsors/autorisation de découvert. En un mot, on nageait en plein délire.
Y'aurait pas une AUTRE solution par hasard?
- Si: rouler comme ça. Mais à vos risques et périls. Gasp.
On n'en pouvait plus. On était à une heure de la fin des essais et on avait fait... un tour!

Alors, Pascale s'énerve, enfile son casque et dit: moi, j'y vais.
Quand Pascale dit quelque chose, personne ne moufte, même pas son mari. Ce petit bout de femme haut comme trois pommes dégage une telle volonté que, dans ces cas-là, on s'écrase. Et là, on commence à trembler.

Oh rassurez-vous, ça n'a pas duré longtemps. Cette fois, c'est le capot avant qu'elle a perdu. Génial.
Elle rentre aux stands et nous, on attend qu'un commissaire motorisé nous rapporte l'objet en question. Pendant ce temps, Jean-Claude examine les pneus: ça a l'air de tenir, mais pour combien de temps? Mystère.
Ah zut, c'est déjà la fin des essais qualif'. Le désastre: en tout, on a fait trois tours et encore, pas un seul sans anicroche. Génial.
Le soir, au dîner, c'est la soupe à la grimace. Je n'ose plus parler, consciente d'être, bien malgré moi, à l'origine de cette daube glauque dans laquelle j'ai embarqué mes camarades.
François Migault et son club, on commence à en avoir ras la casquette.
Arrive le lendemain, dernière séance d'essais qualif'.
C'est là que JC Gueurie croise son vieux copain Jacques Laffite dans les stands.
- Ça marche pour ta femme?
- Tu parles. La voiture avait des rapports montés à l'envers, elles ont perdu le capot et déchappé dans les Hunaudières. Mais, à part ça, ça va. Tu ne voudrais pas l'essayer, cette auto, des fois, histoire de nous faire une religion?..
Aussitôt dit, aussitôt fait.
Et voilà notre ami Jacquot au volant de la Lola sur l'aire de parking, derrière les stands. On fait comme on peut avec les moyens du bord, mais au moins il l'essaye.
Le verdict tombe, sec:
- Jean-Claude, je ne connais pas les deux autres, mais ta femme, si. Un seul conseil: si tu tiens à elle, tu l'empêches de monter dans ce piège. C'est un vrai cerceuil à roulettes. Je t'aurai prévenu.

Donc, maintenant on a bien la confirmation que cette Lola est une auto dangereuse, mais bon Dieu, que faire?
Comme on n'est pas des mauviettes et qu'on doit être un peu foldingues, on décide de tenter quand même le coup. D'un commun accord et comme un seul homme (pardon comme une seule femme), sans même se concerter, la décision est prise. On y va.
Dans les stands, personne ne pipe mot. L'ambiance est à couper au couteau..
Il serait vraiment trop long de vous narrer le reste de nos pitoyables péripéties par le menu (Mds risquerait de m'intenter un procès pour dépassement du temps de parole, je les connais!), mais on peut résumer ainsi. En quelque 6 heures d'essais qualif' du jeudi, notre auto a bien dû passer 4 heures pleines aux stands pour cause de réparations diverses.
Dans le désordre, nous avons successivement : déchappé (encore!), chacune au moins une fois -wouais!- égaré un autre morceau de capot et aussi perdu l'aileron arrière, le tout avec l'angoisse au bord du c¦ur et la boule au ventre chaque (rare) fois que nous avons pu prendre le volant.
Et je ne vous parle pas de la nuit car les phares ne valaient pas mieux que le reste...
En tous cas, voir votre pneu jouer les filles de l'air alors que vous roulez à près de 300 km/h dans la ligne droite des Hunaudières est une expérience que je vous déconseille. Vous voyez d'un seul coup le rail se rapprocher à toute allure et vous tentez désespérément d'éviter le contact de face. Rester parallèle. Parallèle, je te dis!...
Après toutes ces frayeurs et ces multiples tours effectués avec arrêt aux stands dans la foulée, donc sans possibilité de chronométrage, allez vous étonner que nous n'ayons jamais réussi à qualifier la Lola.
Et qui c'est qui a perdu 50 000 Francs à trop vouloir s'entêter ? C'est Cali!
Et qui a gagné 50 000 balles facilement? Devinez..."







C'est taillé à la serpe ! A comparer avec la Primagaz 27 de 1980 illustrée plus haut. La confusion est impossible.








Et une petite dernière pour ce soir : La T29x de Jean-Bernard Peterhansel en 1987, qui est l'ex-voiture partagée par Jean-Claude Justice et Gérard Tremblay en 1985-86.



Je croyais vaguement de mémoire que cette auto était l'ex-Cuynet de 1983-84, mais ce n'est pas possible, dès lors que celle-ci aurait péri dans un incendie en été 1984.

Autre éventualité : il pourrait s'agir de l'ex-châssis T290 HU26 Kodak de 1972, rétrofité T298 comme le HU05 contemporain de Philippe Mazué. "Il se dit" en effet que Justice aurait eu HU05 et HU26 entre les mains...
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